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La lenteur administrative, cause de la corruption en milieu universitaire.

500 FCFA prix officiel pour l’obtention du relevé de note à la faculté des sciences de l’université de Yaoundé 1

Le relevé des notes pour un étudiant a la même valeur que le bulletin de note d’un élève de l’enseignement secondaire. C’est un document qui récapitule par module d’enseignement les notes de l’étudiant et prouve que ce dernier a effectivement subi ses différents examens pendant une année académique.
Ainsi, le relevé des notes est un droit pour l’étudiant et devrait être délivré à la fin de chaque année. Certaines facultés à l’instar de la Faculté des arts, lettre et sciences humaines de université de Yaoundé I, établissent les relevés de note de tous leurs étudiants sans requêtes préalables des étudiants. Ces relevés de notes établis sont déposés à la scolarité où chaque étudiant pourra retirer le sien à temps voulu.
Une organisation comme celle ci évite à l’étudiant les tracasseries administratives qui conduisent à la corruption du personnel de la scolarité pour l’obtention rapide des relevés de note. Ce cas de figure se vit au quotidien à la Faculté des sciences de l’université de Yaoundé I. Ici, l’établissement du relevé de note se fait sous l’initiative de l’étudiant. Ce dernier a le choix entre corrompre en donnant 500F ou 1000F et obtenir son relevé de note dans un délai souhaité ou alors user de la procédure normale et attendre le temps que ça va durer, temps qui est presque toujours très long.
La procédure normale voudrait que l’étudiant fasse une demande de relevé de note au Vice doyen de ladite faculté. Cette demande sera transmise après un certain temps (le temps que le parafeur soit rempli) à la cellule informatique où les relevés de note seront imprimés et transférés aux départements pour vérification et signature.
Comme dans la quasi-totalité des administrations camerounaises, ce processus peut durer très longtemps. Ainsi, pour le contourner les étudiants toujours pris part les délais de dépôt d’un dossier (bourses d’étude, pré inscription à une université étrangères, etc..) adopteront la solution rapide, celle de donner 500 F ou 1000F à un personnel de la scolarité qui suivra le dossier pour que le relevé de note soit rapidement établi et disponible dans les délais souhaités.
Ce cas de corruption en milieu universitaire, très flagrant, constitue désormais une norme pour les étudiants qui en sont les corrupteurs. Il peut sembler ne pas avoir de conséquence car on peut se dire qu’après avoir obtenue son relevé de note, tout rentre dans l’ordre. Mais en effet, les conséquences, d’ordres psychologiques et mentales, affectent la jeunesse camerounaise, le ‘’fer de lance de la nation’’. Désormais envahi par un laxisme aigu, elle ne croit plus aux services rendus par les institutions administratives publiques et même parfois privées (cas des société para publiques privatisées, monopole dans leur secteur d’activité prestataire d’un service capital), elle cherche à se débrouiller toute seule, tournant le dos à la norme établie pour se faire sa propre loi, avec tous les risques que cela peut engendrer.
Animé par l’esprit de corruption devenue une norme, que sera le Cameroun de demain ? Il faut agir. L’action serait de remettre dans un premier temps en confiance cette jeunesse déçu, par une réorganisation du système administratif et par la suite les inviter par une bonne sensibilisation au changement de mentalité. Si l’on veut espérer voir notre cher pays la Cameroun se développer un jour, nous devons concentrer beaucoup d’énergie à la lutte contre la corruption, c’est la gangrène qui nous empêche d’avancer.
Colette DJADEU

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